We’re seeing new things
Gr_und, Berlin, 2026
Depuis la démocratisation des congés payés, les vacances, sont une ressource que l’industrie touristique a su exploiter en mettant en place une imagerie spécifique aux loisirs. Des territoires se voient ainsi privés de leur fonction première et sont aménagés pour accueillir des activités touristiques. Des symboles sont créés pour faire de certaines destinations des lieux idéalisés et désirables, instituant des nouveaux critères de beauté. Être en vacances est devenu un style de vie basé sur l'idée de liberté du corps, du temps et de l'individu. Un temps qui se situe en dehors du quotidien et qui suggère une récompense au temps de travail.
We’re seeing new things explore la représentation de l’expérience vacancière et interroge la construction du mythe de ce phénomène social. L’installation utilise des captures d'écran de publications provenant des réseaux sociaux, réalisées par des influenceurs.euses, des hôtels, des restaurants et des vacanciers et mettant en scène une imagerie balnéaire exotique. Alors que la sélection des destinations de vacances se fait de plus en plus à l’aide des réseaux sociaux, ces contenus proposent des expériences présentées comme authentiques et accessibles à tous.tes. Ces publications, issues d'un processus consumériste, sont cependant déterminées par des codes esthétiques et une standardisation de leur contenu.
Les publications sont imprimées et juxtaposées sur une photo-tapisserie datant des années 1990 et représentant un coucher de soleil sur une plage de palmiers. La tapisserie participe à l'imaginaire des vacances en tant qu'objet de promotion, mais n'est pas le reflet d'une expérience vécue. Datant d’une autre époque, elle est réunie avec des publications actuelles qui ensemble proposent une lecture dans le temps de la représentation vacancière.
Apposées sur la tapisserie, les publications semblent se faner et tomber perturbant ainsi la vision et brouillant le message du concept vacancier.
Gr_und, Berlin, 2026